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Dans les faubourgs de Sens en 1755

Établi dans un but fiscal, le plan terrier de Saint-Pierre-le-Vif de Sens permet au chercheur d'aujourd'hui d'étudier la physionomie d'un des plus anciens faubourgs de Sens tel qu'il se présentait au milieu du XVIIIe siècle.

L'ancienneté du monastère bénédictin, le prestige de sa fondation (que la tradition fait remonter à Théodechilde, petite-fille du roi Clovis, au VIe siècle) et son rayonnement lui ont permis de se bâtir au fil du temps un important patrimoine constitué de revenus et de biens, tant bâtis et que non bâtis, qui s'étendaient notamment sur les territoires des actuelles communes d'Arces-Dilo, Auxon, Maillot, Saligny, Villemer et Sens.

L'adhésion de l'établissement à la congrégation de Saint-Maur en 1642 marque le début de son relèvement, après trois siècles troublés qui ont mis à mal son temporel et ses bâtiments conventuels. Les travaux d'envergure qui sont alors entrepris (notamment sur l'abbatiale, le dortoir et le réfectoire) puis l'entretien de ces bâtiments nécessitent des revenus importants et réguliers.

C'est dans un souci de rationalisation de ses revenus fonciers, partagé par de nombreux seigneurs au milieu du XVIIIe siècle, que la communauté des moines commande à Gondet, arpenteur royal auprès du bailliage de Sens demeurant à Villeneuve-l'Archevêque, l'élaboration d'un plan terrier. Il consiste en la liste des censitaires, personnes qui doivent à l'abbaye le paiement d'une redevance annuelle (le cens) parce qu'elles tiennent une parcelle dont l'abbaye a la propriété éminente, auquel est annexé un relevé topographique de ces propriétés.

En résulte un ensemble de plans réalisés sur papier vergé, dont une partie est reliée sous forme d'atlas. Leur qualité d'exécution est remarquable : tracée à la plume ou directement en couleur, chaque parcelle est rehaussée de lavis (sous forme de hachures pour les terres cultivées) ; les bois sont figurés par de petits arbres ; les constructions, selon une norme courante chez les géomètres de l'époque (qui sera du reste reprise pour l'établissement du cadastre napoléonien) sont colorés en rose. Les roses des vents portent les signes conventionnels : croix pour le nord, croissant pour le sud.

C'est que le livre terrier, outil fiscal, est également un instrument de prestige, qui manifeste la puissance de l'établissement et l'étendue de ses biens. La page consacrée au faubourg Saint-Pierre-le-Vif, siège de l'abbaye, fait donc tout naturellement l'objet d'un soin particulier : les bâtiments conventuels et l'église, mais aussi des jardins et autres dépendances directes de l'établissement, sont méticuleusement figurés.

Conservé aux archives départementales depuis les saisies révolutionnaires, ce plan terrier exceptionnel  donne à voir de larges pans des environs de la ville de Sens, soixante-et-onze ans avant la réalisation du cadastre parcellaire dit napoléonien.

Livre des cartes particulières du plan général et détail de la terre et seigneurie de Saint-Pierre-le-Vif lès Sens , carte n° 32, 3e partie : faubourg Saint-Pierre-le-Vif, 1755-1756

Arch. dép. Yonne, H 233-2

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